Education, Comportement
07.03.2020

Les différentes formes d’apprentissage chez le chien

Un apprentissage est un processus prenant en compte les expériences précédentes afin de changer son comportement et le perfectionner sans répéter ses erreurs. Un apprentissage est mémorisé à plus ou moins long terme : il peut donc disparaître ! C'est pourquoi, plusieurs méthodes existent pour réussir à éduquer votre chien. A vous de trouver la bonne pour que son apprentissage dure dans le temps !

I - Les apprentissages non associatifs :

Ce sont des apprentissages simples, où l’animal est exposé plusieurs fois à un unique événement. On en distingue deux types :

  • L’habituation : elle permet de réduire un comportement progressivement et durablement suite à une exposition répétée à un stimulus à intervalles réguliers, et qui n’est pas récompensée. L’habituation est donc un apprentissage à ne pas répondre. Cela permet notamment de réduire un stress environnemental pour les chiens peureux. L’habituation est assez facile à mettre en place dans la vie de tous les jours. Par exemple, c’est habituer votre chien à ne plus avoir peur de l’aspirateur. Au début, vous passez l’aspirateur sans le brancher (donc il ne fera pas de bruit, votre chien s’habituera dans un premier temps à l’objet). Puis lorsqu’il n’aura plus peur de l’objet, vous pourrez le brancher et mettre l’intensité minimale, et l’augmenter progressivement pour que le chien s’habitue au fur et à mesure, jusqu’à ne plus en avoir peur lors de son usage normal. Si votre chien est terrorisé par les bruits de moto (ou autre), vous pouvez par exemple enregistrer le bruit sur un CD et le passer à votre chien en commençant avec un volume très faible, et l’augmenter petit à petit au cours des répétitions.
  •  La sensibilisation : c'est l’apprentissage inverse de l’habituation car elle amplifie la réaction initiale au même stimulus. Elle a lieu avec les stimuli légèrement désagréables. C’est par exemple lorsque le chien sursaute encore plus fort, avec une fréquence cardiaque qui s’accélère encore davantage, après avoir entendu pour la deuxième fois la même alarme. Le stress généré sur l’animal par la sensibilisation est fort, il faut donc l’éviter au maximum et habituer votre chien à ces stimuli. Tous les chiens ne répondent pas de la même manière à la sensibilisation : un chien de nature stressée ou âgé y sera par exemple plus enclin.

Dans certains cas de figures, la sensibilisation et l’habituation peuvent se combiner de manière positive. Par exemple, un chien va sursauter et avoir peur/aboyer lorsqu’une moto va passer devant le jardin, et aura encore plus peur/aboiera encore plus fort lorsqu’elle repassera une deuxième fois : il y a eu sensibilisation. En revanche, à force de passages répétés, le chien finit par s’y habituer et n’en a plus peur : il y a eu habituation.

Parfois, on observe également une déshabituation (c’est-à-dire une ré-augmentation de la réponse initiale du chien, dans notre cas la peur de la moto) lorsque le stimulus est légèrement modifié : le chien peut très bien être habitué aux motos qui passent la journée mais en avoir très peur et aboyer une fois la nuit tombée car en plus du bruit, la lumière des phares de la moto fait peur au chien.

Lorsque l’on souhaite habituer son chien à différents objets/bruits (aspirateur, machine à laver, moto…), il arrive que l’animal s’y sensibilise : on obtient le résultat inverse de celui escompté. C’est la plupart du temps dû au fait qu’en voulant trop bien faire, le chien est sur-sollicité et va se sensibiliser plutôt que de s’habituer… Pour habituer son chien, il faut donc y aller progressivement, en augmentant l’intensité petit à petit et à intervalles réguliers, sur plusieurs semaines.

II - Les apprentissages associatifs :

Le chien est ici exposé à un évènement qui est associé à un autre. Ce type d’apprentissage suit la loi de l’effet : un comportement suivi d’une conséquence agréable peut être augmenté, et inversement. Le chien intègre la relation de cause à effet, et peut ensuite anticiper la situation à venir.

Ces apprentissages correspondent au conditionnement, et il en existe deux types :

Le conditionnement classique (de type 1) : le chien répond de plus en plus vite par un comportement réflexe à un stimulus neutre s’il a été associé à un autre stimulus qui déclenche la réponse. Par exemple, si vous faites seulement sonner une cloche (le stimulus neutre, c’est-à-dire qui ne provoque pas de réponse), rien ne se passera. Par contre, si vous faites systématiquement sonner une cloche juste avant de donner à manger à votre chien, la cloche suffira à ce que votre chien se mette à saliver.

Le conditionnement opérant (de type 2) : le chien produit ici un comportement volontaire en apprenant les conséquences d’une action. On peut donc renforcer un comportement (sa probabilité d’apparition augmente) si la récompense qui suit est plaisante ; ou à l’inverse punir un comportement (le comportement disparaît peu à peu). On distingue :

  • Le renforcement positif : ajout d’une récompense (ex : donner une friandise au chien après qu’il se soit assis) à le comportement va augmenter
  • Le renforcement négatif : on retire une conséquence désagréable suite à un comportement à le comportement va augmenter
  • La punition positive : ajout d’une conséquence désagréable à le comportement va diminuer
  • La punition négative : on retire une récompense à le comportement va diminuer. C’est ce qu’il se passe lorsque vous ne récompensez plus régulièrement votre chien à obéir : il écoute de moins en moins bien car il n’y trouve plus d’intérêt.

Ainsi, pour modifier le comportement de votre chien, la méthode la plus efficace est de renforcer ses comportements appropriés. On peut aussi réduire ou éteindre un comportement gênant.

Attention cependant :

  • Le temps d’association d’un comportement produit avec sa conséquence est limité à quelques secondes seulement : on punit/récompense sur le fait et JAMAIS à posteriori. Punir son chien en rentrant du travail parce qu’il a détruit le canapé est inutile, le chien ne comprendra pas pourquoi il se fait crier et pire : il associera la punition à votre retour…
  • Lorsqu’on ne récompense plus jamais le bon comportement de son chien (il s’assoit quand on lui demande par exemple), le comportement peut diminuer voire s’éteindre : une fois le comportement appris, il faut le renforcer régulièrement (mais plus systématiquement) afin qu’il perdure dans le temps.

III - Les apprentissages sociaux :

  • La facilitation sociale : un objet ou un lieu devient plus intéressant lorsque le chien observe un autre individu manipuler cet objet ou se rendre à cet endroit. Vous pouvez vous rendre compte de ce phénomène par exemple en vous baissant par terre et en observant/manipulant avec attention un objet au sol : il y a fort à parier que votre ne chien ne tardera pas à venir voir ce qu’il se passe de « si intéressant » pour son maître.
  • L’apprentissage par observation, qui augmente les chances qu’un animal effectue un comportement donné (qu’il possède déjà dans son répertoire comportemental) en observant ses congénères l’effectuer. Le chien peut apprendre à faire quelque chose en observant un autre chien ou son maître le faire : ouvrir la porte, manger un nouvel aliment…

Ainsi, vous avez de nombreux moyens pour apprendre des choses à votre chien, n’hésitez pas à les combiner selon vos besoins ! De plus, il est plus facile de corriger un problème comportemental lorsque l’on comprend ce qu’il se passe du point de vue du chien. Par exemple : vous avez donné des friandises à votre chien lorsque vous étiez à table pendant de longues semaines, et vous n’aimez pas qu’il vienne réclamer. Vous mettrez du temps à ce que votre chien ne vienne plus réclamer car il aura associé le fait de réclamer à la récompense que vous lui donniez (vous avez fait du renforcement positif). Si vous arrêtez de lui donner des friandises lorsqu’il vient réclamer (c’est-à-dire lorsque vous ne récompensez plus le fait de venir réclamer : punition négative), le comportement ne sera plus renforcé et diminuera de plus en plus.