Santé
06.23.2020

Les tumeurs mammaires chez la chienne

«Mon vétérinaire a examiné ma chienne et lui a trouvé une boule au niveau des mamelles. Il m’a dit que c’était une tumeur. Est-ce dangereux?»

«Ma chatte a une douzaine d'années, stérilisée il y a 3 ans suite a une infection de l'utérus. En la caressant, je me suis aperçue qu'elle avait une toute petite grosseur à une mamelle, et en appuyant sur sa mamelle un liquide transparent comme de l'eau est sorti. Pensez-vous que ce soit grave? Une tumeur?»

Dr G. Marx (vétérinaire-conseil):

«Les tumeurs mammaires sont les plus fréquentes et constituent 50% des tumeurs chez la chienne.

Généralement, cette pathologie débute entre 9 et 11 ans (très rare avant l’âge de 5 ans), et concerne le plus souvent les mamelles postérieures. Plusieurs carcinogènes peuvent intervenir pour induire une transformation des tissus normaux en tissus précancéreux, par exemple des traitements contraceptifs répétés, ou des grossesses nerveuses fréquentes.

Visuellement, il est en général impossible de différencier les tumeurs bénignes des tumeurs cancéreuses; il est donc très important de faire analyser ces tumeurs après leur exérèse, car la nature de la tumeur commande le pronostic (voir ci-dessous).

Prévention et traitement

Comme je l’ai dit plus haut, la probabilité d’apparition des tumeurs mammaires est essentiellement hormono-dépendante. La stérilisation précoce est donc encore une fois la meilleure prévention possible. En effet, en cas de stérilisation avant les premières chaleurs, le risque de tumeurs de la mamelle chute dans des proportions de 1/200!

Au contraire, l’usage de progestatifs (injection ou pilule) augmente ce risque.

Toute grosseur suspecte au niveau des mamelles doit amener à consulter votre vétérinaire: une masse à ce niveau peut également être un lipome, une hernie, un abcès ou un hématome. Le traitement est dans tous les cas chirurgical, les radiothérapies et chimiothérapies étant secondaires et très rarement utilisées du fait de leur faible rapport bénéfices/inconvénients.

Pronostic

J’insiste ici sur le fait que chaque cas a son propre pronostic, qui dépend de plusieurs facteurs.

L’analyse histologique de la tumeur est très fortement recommandée, car elle renseigne sur la nature de la tumeur (bénigne ou maligne), sur son agressivité, sur le risque de récidive locale ou d’extension (via métastases).

Le pronostic est d’autant meilleur que la tumeur est petite, que sa croissance est lente, que les ganglions lymphatiques régionaux ne sont pas atteints, et qu’il n’y a pas de métastases à distance.»